Les fractures supra-condyliennes de
l’enfant
Par L’interne BOUMAHDI
I. Introduction :
Radiologie ostéo-articulaire
normale du coude chez l'enfant :
Classification des fractures de la
palette humérale :
A. Complications liées au
traumatisme
B. Complications liées à une erreur
de traitement
1. Traitement orthopédique des FSC en extension :
2. Le brochage percutané par voie externe des FSC en extension :
3. Brochage percutané en croix de COURTIVRON des FSC en extension:
4. Méthode de BLOUNT dans les FSC en extension :
5. L’embrochage descendant des
FSC en extension :
6. Indications de l’abord chirurgical dans les FSC en extension :
L’extrémité distale de l’humérus, ou palette est fortement exposée aux traumatismes chez l’enfant d’où l’inquiétude des parents devant douleur et déformation parfois importantes de cette articulation, mais les médecins sont aussi souvent désarmés pour interpréter avec sûreté une image radiographique qui associe noyaux osseux plus ou moins visibles au sein d’un massif cartilagineux qu’il faut deviner, et pour proposer avec certitude un traitement adapté.
En effet, le remodelage habituel des cals osseux, classique chez l’enfant, est ici peu efficace sur la plupart des défaut de réduction.
Tout cela explique la mauvaise réputation de ces fractures et la relative fréquence des séquelles (jeu articulaire limité, défaut morphologique avec gêne esthétique) qui pourraient être évitées si un diagnostic initial précis était posé et si le traitement immédiat était correctement réalisé.[1]
A la naissance,
aucun point d'ossification secondaire n'est visible. Leur apparition
s'échelonne jusqu'à la puberté :
• Le
point condylien externe (ou capitellum) apparaît vers 1 an (figures 1 et 1',
n° 1) tandis que le point trochléen s'ossifie entre 7 et 9 ans (figures 1
et 1', n° 4).
• Le
point épitrochléen est retrouvé entre 4 et 6 ans (figures 1 et 1', n° 3), et
l'épicondylien apparaît vers 11-12 ans (figure 1, n° 6).
• Le
point olécrânien est retrouvé entre 8 et 11 ans (figures 1 et 1', n° 2).
• L'épiphyse
radiale supérieure apparaît entre 3 et 5 ans (figures 1 et 1', n° 5).

Figures 1 et 1'
A noter que le
noyau épicondylien fusionne avec le capitellum avant de se souder à l'humérus
vers 12 ans.
La fossette
coronoïdienne peut être très fine (voire perforée) et apparaître comme une zone
normalement radio-transparente, qui ne doit pas être prise pour une plage
d'ostéolyse.
Deux aspects sont
intéressants à reconnaître sur le cliché de profil :
• La
continuité du "8 radiologique", constitué par les fossettes
olécrânienne et coronoïdienne.
• Le
prolongement de la ligne tangente au bord antérieur de l'humérus qui coupe le point
condylien au niveau de ses deux tiers postérieurs (figure 2, A). Cette ligne
permet de rechercher une bascule postérieure du noyau condylien dans le cadre
d'une fracture supra-condylienne.
D'autre part,
quelle que soit la position du coude, l'axe de la diaphyse radiale passe
toujours par le centre du noyau condylien. Cet élément permet de rechercher une
luxation de la tête radiale (figure 2).

Figure 2
Enfin, la
connaissance des lignes graisseuses du coude est fondamentale, permettant
d'authentifier la présence d'un épanchement intra-articulaire. On distingue sur
un cliché de profil trois liserés clairs :
• Le
liseré coronoïdien, antérieur et triangulaire (figure 2, n° 1).
• Le
liseré olécrânien, postérieur, n'apparaissant qu'en cas d'épanchement.
• Le
liseré du court supinateur, antérieur, linéaire et parallèle à la diaphyse
radiale, situé à moins d'un centimètre de celle-ci (figure 2, n° 2).[3]
On distingue les fractures articulaires des fractures non articulaires.
Parmi les fractures non articulaires, les moins fréquentes, on distingue :
-Les fractures supra-condyliennes : le trait supra-condylien peut être plus ou moins haut situé.
Dans les variétés hautes, il faut savoir que la consolidation est plus longue avec un taux plus élevé de pseudarthroses. Dans les variétés les plus basses, il peut atteindre la capsule articulaire d’où une hémarthrose (facteur d’enraidissement).
-Les fractures parcellaires de l’épitrochlée (souvent associées à une luxation) stigmate d’une entorse interne grave. Le fragment, sous la traction des muscles épitrochléens est attiré vers le bas et peut s’incarcérer dans l’interligne articulaire.
-Les fractures parcellaires de l’épicondyle.
Parmi les fractures articulaires, on distingue :
- Les fractures sus et intercondyliennes classiques où le trait supra-condylien est associé à un trait vertical descendant dans l’articulation et séparant en 2 ou plusieurs morceaux les surfaces articulaires. La gravité de ces fractures dépend de 2 facteurs :
o La comminution de la surface articulaire. Le trait vertical peut se diviser et Y inversé et isoler un fragment intermédiaire de trochlée plus ou moins zone conoïde, ce qui compliquera la reconstitution de la trochlée
o La comminution sur un ou les 2 piliers, ce qui compliquera la restitution de leur longueur respective, avec un risque de cal vicieux en varus de la palette, inesthétique.
- Des variétés de fractures sus et intercondyliennes
o Soit haute ou fracture diaphyso-épiphysaire avec un risque plus élevé de pseudarthrose pour le trait supra-condylien. Elles nécessitent une synthèse extensive
o Soit basse ou dia-columnaire avec un trait supra-condylien au raz des surfaces articulaires. Elles sont plus fréquentes chez le sujet âgé ostéoporotique et sont très difficiles à synthèser en raison de la faible prise dans le fragment distal.
- Les fractures intra-articulaires sagittales déstabilisant le coude
o Soit condyliennes externes emportant le condyle huméral et une partie de la trochlée
o Soit condyliennes internes emportant une partie plus ou moins importante de la trochlée
- Les fractures intra-articulaires pures qui n’affectent que la surface articulaire, rares
o Fracture du capitulum (Kocher-Lorenz), à trait frontal, détachant le capitulum en avant de la palette en arrière. Le capitulum est souvent ascensionné. Il peut rester pédiculé à la palette à sa partie supérieure.
o Fracture de Hahn Steinthal qui emporte le capitulum et la zone conoïde
o Fracture diacondylienne de Kocher emportant toute la surface artiulaire en un ou deux morceaux. [28]
Cet exposé traite les fractures supra-condyliennes (FSC) de l’enfant.
Les premières publications sur la fracture supra-condylienne de
l'enfant remontent à la fin du siècle dernier avec Mouchet en 1898 qui base son
travail sur la radiologie, et Broca en 1899 qui préconise l'immobilisation en
flexion, très pourvoyeuse de complications vasculo-nerveuses et notamment de
syndrome des loges.
Par la suite, nombre d'auteurs rapportent leurs travaux sur les complications,
les séquelles mais aussi les différentes techniques de traitement.
En 1947, Jean Judet présente à l'Académie de chirurgie une technique
d'embrochage percutané par une broche mise par le condyle externe après réduction
par manœuvre externe suivie d'une immobilisation thoraco-brachiale. C'est cette
technique qui reste encore aujourd'hui la plus utilisée dans le traitement des
fractures supra-condyliennes déplacées, deux broches étant utilisées.
Le travail présenté par Lagrange et Rigault lors de la 38e réunion annuelle de
la Société Française de Chirurgie orthopédique et traumatologique, démembrant
ces fractures supra-condyliennes, reste la référence dans ce domaine. Le
symposium de la SOFCOT de 1986 a eu le mérite de faire le point sur les
méthodes contemporaines de traitement et d'en faire connaître les résultats.[2]
L'extrémité métaphysaire inférieure de l'humérus est constituée de deux colonnes séparées par une zone de faiblesse parfaitement visible sur les radiographies, dont il faut connaître les mesures pour l'analyse lors de la réduction et du suivi des patients :
- de face, coude en extension et avant-bras en supination maximale, on s'aide de 2 angles : d'une part l'angle de Baumann (Fig. 3) (formé par l'intersection entre l'axe de l'humérus et une ligne parallèle au cartilage de croissance du condyle externe),

Fig. 3 : Angle de Bauman. a) Normal. b) Cubitus varus.
en moyenne de 75° (avec des écarts tolérables de + ou - 5°), représentant un cubitus valgus de 10°, et dont l'avantage majeur est de rester fiable coude fléchi à condition que le rayon incident soit bien perpendiculaire à la palette, d'autre part l'angle huméro-radial analysé sur le même cliché (en moyenne de 15°),
- de profil, on mesure l'antéflexion épiphysaire finclinaison entre l'axe huméral et la ligne perpendiculaire au cartilage de croissance) qui est de 40°.
Enfin il faut bien visualiser les deux lignes courbes formées par les fossettes coronoïde et olécrânienne déterminant la classique image en sablier.
Le trait de fracture traverse transversalement la portion fragile de la palette à sa partie moyenne dans la plupart des cas (85 %), rompant les deux colonnes, donc au-dessus des zones de croissance. Il est irrégulier, présentant de fins spicules et est oblique en bas et en avant. Les déplacements élémentaires, isolés ou associés, sont une bascule (le plus souvent postérieure, un décalage ou rotation autour de l'axe diaphysaire huméral avec le plus souvent déplacement en arrière de la colonne interne de la palette, une angulation latérale généralement en varus, enfin une translation externe ou interne. Les lésions associées intéressent le muscle brachial antérieur qui est plus ou moins dilacéré, l'artère humérale, souvent spasmée, qui peut être agressée par l'arête osseuse du fragment supérieur, de même que le nerf médian ou le radial. Quant à la peau, elle est rarement ouverte. Enfin la FSC peut être associée à une fracture de l'avant-bras ou du poignet.
La classification retenue dans les publications de langue française est celle basée sur l'analyse des radiographies de face et de profil ; elle permet aussi de prévoir la stabilité après réduction :
- dans le stade I, seuls la corticale et le périoste antérieurs sont atteints, la fracture est stable,
- dans le stade II, les deux corticales sont intéressées avec faible déplacement, le plus souvent en arrière ; le périoste postérieur intact permet la stabilité de la fracture en flexion,
- dans le stade III, le déplacement est important associant plusieurs déplacements élémentaires, l'arrachement périosté est antérieur et interne [4]. Le décalage habituellement interne se traduit sur le cliché de profil épiphysaire strict par un aspect concave du bord antérieur de la métaphyse et convexe du bord postérieur ; au contraire un décalage externe donne un aspect bi-concave à la métaphyse véritable image en « queue de poisson » . La fracture est assez instable après réduction,
- enfin dans le stade IV, il n'y a plus de contact entre les fragments osseux, le périoste postérieur n'est pas toujours totalement rompu, souvent décollé haut sur l'humérus. La fracture réduite est instable,
- quant au stade V, il regroupe les très rares fractures diaphyso-épiphysaires.
Dans la littérature anglo-saxonne et allemande on retrouve surtout une classification en trois groupes, Wilkins insistant en outre sur la translation pour analyser les structures anatomiques atteintes et pour choisir une éventuelle voie d'abord chirurgicale (1 : FSC non déplacée, 2 : angulation mais pas de translation, 3 : déplacement majeur avec deux sous-groupes fonction de la direction de la translation, A postérointerne et B postéro-externe). [27]
Elle est stéréotypée :
- Impotence fonctionnelle plus ou moins complète ;
- Œdème et hématome rapidement évidents dont la localisation permettra d’être attentif lors de la lecture des radiographies ;
- Déformation du coude pouvant à tort évoquer une luxation dont on se rappelle l’extrême rareté chez l’enfant jeune.
- Les ouvertures cutanées sont rares (1%), en revanche on fera avec soin un bilan vasculaire et neurologique tant sensitif que moteur. [1]
Les radiographies standards de face et de profil sont indispensables, mais elle sont souvent de réalisation technique difficile en raison de la douleur et de la mobilité réduite. Leur interprétation n’est pas toujours aisée :
§ présence d’une attelle d’immobilisation qu’il faudra savoir enlever ;
§ un pli cutané peut simuler le trait d’une fracture, mais le trait est alors trop rectiligne et régulier ;
§ déplacement apparent du point d’ossification du condyle dû à une mauvaise incidence ;
§ pseudodécollement épiphysaire de la trochlée produit par l’inclinaison du rayon ;
§ superposition du point d’ossification de l’olécrane simulant une fracture… [1]
Elles sont surtout représentées par des ouvertures punctiformes ou par des décollements hématiques qui peuvent parfois gêner une réduction orthopédique. Une fracture ouverte doit être parée et traitée selon les indications classiques.
L'examen préalable à tout geste thérapeutique comprend l'appréciation de la couleur des téguments et la palpation du pouls. Ceux-ci sont anormaux dans 12 % des cas [18], notamment dans les FSC à grand déplacement [8]. Ceci est différent de la constatation d'une abolition du pouls pendant la réduction traduisant non pas une incarcération humérale mais plutôt une compression extrinsèque avec spasme artériel qui se lève dès que l'on diminue la flexion.
Le diagnostic doit être clinique : le tableau le plus habituel est une main chaude, légèrement œdématiée mais le pouls n'est pas perceptible après réduction de la fracture. Exceptionnellement, l'ischémie est aiguë imposant d'emblée un abord chirurgical interne avec éventuellement agrandissement antéro-interne et réparation artérielle par pontage veineux plutôt que résection-anastomose. En effet les lésions artérielles sont surtout représentées par un flap de l'intima sans solution de continuité macroscopique mais entraînant une thrombose, les sections étant exceptionnelles [6]. L'ultrasonographie Doppler est facile à réaliser mais n'est pas toujours aisée à interpréter ; en effet, la richesse du cercle anastomotique du coude, le spasme artériel peuvent donner le change avec des signaux présents mais d'amplitude insuffisante [19]. L'artériographie ne semble avoir aucune indication [6, 15, 18].
En pratique, en l'absence d'ischémie aiguë, il faut obtenir une réduction parfaite puis se donner un délai de 24 heures où l'on voit dans la grande majorité des cas réapparaître le pouls. Dans le cas contraire un abord chirurgical interne est recommandé même si la tolérance fonctionnelle à long terme d'une thrombose humérale semble bonne [15].
Les risques neurologiques sont importants puisqu'une fracture sur 10 entraîne une paralysie plus ou moins complète touchant presque autant les trois nerfs du membre supérieur [7, 17]. Bien entendu, c'est dans les FSC de stades III et IV que l'on rencontre cette complication, surtout lorsque la translation est interne, situation la plus habituelle.
Mais l'analyse clinique en est difficile en urgence, et c'est souvent après la réduction que l'on constate troubles sensitifs et/ou moteurs. N'oublions pas de tester la fonction du fléchisseur profond de l'index qui dépend de l'intégrité du nerf interosseux antérieur dont l'atteinte est certainement sous-estimée [4].
Les lésions sont surtout des neurapraxies (environ 80 % des cas) qui récupèrent en moyenne en 2 mois 1/2 avec des extrêmes de 1 à 5 mois [7, 17] et beaucoup plus rapidement pour le radial que pour le cubital [11]. Le moment idéal pour explorer un nerf restant électrologiquement anormal est encore débattu, mais il semble qu'attendre 6 mois pour faire une neurolyse ou une réparation secondaire soit acceptable.
Il peut avoir lieu quel que soit le stade initial : ainsi, pour une fracture de stade I mal immobilisée par un plâtre trop lourd ne remontant pas assez haut sur le bras, ou pour une fracture de stade II ou III réduite et maintenue par un plâtre à 90°. Mais aucune des méthodes thérapeutiques, en dehors de l'embrochage descendant, n'est à l'abri de cette complication qui, si elle reste rare, entraîne des résultats médiocres. Il faut donc le dépister systématiquement par un bilan radiographique dans les jours suivant la réduction et reprendre orthopédiquement ou chirurgicalement ces fractures.
Autrefois redouté , il semble avoir disparu . On peut donc considérer qu'il s'agit d'une complication secondaire à un traitement inapproprié (par exemple plâtre sur un coude en flexion ou compressif sur un coude œdématié), et qu'il faut le dépister sur des signes maintenant bien classiques (douleur à l'extension des doigts, dysesthésie à type de fourmillement dans les extrémités, retard du pouls capillaire sur des doigts boudinés).
Elle est toujours à craindre : pose de broche dans des conditions d'asepsie insuffisante, broches non enfouies sous la peau ou la perforant après fonte de l’œdème en sont les principales causes iatrogènes. En général l'infection reste locale et guérit rapidement après l'ablation du matériel, mais une ostéite voire une ostéoarthrite grève bien évidemment le résultat.
Elle est habituelle après les 4 semaines d'immobilisation, mais elle disparaît en quelques mois sans qu'il y ait la moindre indication à un traitement kinétique.
Au contraire une stimulation trop active peut entraîner de façon réflexe un coude inflammatoire et douloureux.
Mais la limitation de mobilité, surtout de la flexion, jamais en prono-supination, se retrouve dans 15 % des dossiers surtout si l'âge de l'enfant au moment du traumatisme est supérieur à 6 ans et s'il existe des défauts d'axe [8]. Quant aux ostéomes, ils sont devenus plus rares en raison d'une meilleure prise en charge des FSC ; la chirurgie d'exérèse est souvent décevante même après plusieurs années d'attente.
Ces défauts ne peuvent être correctement analysés qu'après normalisation de la mobilité du coude, mais on peut les prévenir initialement.
5.1 Le cubitus varus, séquelle la plus fréquente des FSC, entraîne un préjudice esthétique et fonctionnel.
Il est mesuré dans la plupart des publications par l'angle huméro-radial, mais Kohler [14] distingue fort justement le varus « déviation » du varus « vrai » qui tient compte du valgus du côté opposé. Cliniquement la mesure se fait avec le coude en extension, mais il ne faut pas oublier d'apprécier les troubles rotationnels associés selon la technique de Yamamoto [22] : coudes fléchis à 90°, les bras derrière le dos, le sujet se penchant en avant on ne peut normalement pas augmenter la rotation interne de l'épaule en agissant sur l'avant-bras pris comme levier ; en pathologie toute asymétrie de plus de 10° est significative et peut être mesurée.
En effet ce trouble est lié à un défaut persistant, associant varus et composante rotationnelle bien analysée par le scanner [10], ce qui conduit à une différence de longueur des colonnes non modifiée par la croissance. Le cubitus varus est exceptionnellement induit par un trouble de croissance [8]. Dans l'étude mené par Webb [20] la mesure de l'angle huméro-radial paraît plus fiable que l'angle de Baumann pour prévoir les éventuelles anomalies, mais en pratique l'impossibilité d'une mesure coude en extension en fait perdre le bénéfice.
Le traitement n'est indiqué que lorsque le varus «vrai » dépasse 15° car les difficultés techniques, illustrées par les nombreuses méthodes chirurgicales, ne doivent pas être sous-estimées [20]. La plupart des auteurs proposent une ostéotomie de soustraction externe humérale basse gardant la corticale interne intacte [5, 9, 14]. La correction peut être maintenue par broches filetées [14], vis et cerclage métallique (technique de French [5]), plaque vissée ou même plâtre coude en extension [9, 16].
Les complications sont d'ordre neurologique (risque de paralysie radiale [14]), d'ordre infectieux sur broche [5] et surtout d'ordre esthétique avec insuffisance de correction ou réapparition du cubitus varus ce qui incite Ippolito à ne donner les résultats de ces actes chirurgicaux qu'en fin de croissance [12].
5.2 Le cubitus valgus, est par contre mieux toléré ne nécessitant en règle pas de correction chirurgicale et se voit surtout après fracture en flexion.
- L'hyperextension est disgracieuse souvent associée à un cubitus varus, liée en partie à un défaut de réduction antéro-postérieur, quoique certaines études ne retrouvent pas de diminution de l'antépulsion épiphysaire [20].
pour éviter la raideur du coude et les déviations d'axe il faut une :
§ Réduction parfaite de la fracture ;
§ Stabilisation solide ;
§ Ces 2 buts suffisent largement à un traitement correct d’une fracture FSC.
Le principe du traitement orthopédique dans le cas d'une fracture
supra-condylienne de l'enfant est d'immobiliser le coude afin d'empêcher tout
mouvement de flexion-extension, mais également d'éviter les contraintes en
rotation transmises par l'articulation de l'épaule.
Deux types d'immobilisation répondent à ce principe : le plâtre
thoraco-brachial ou le plâtre brachio-anti-brachio-palmaire (BABP) avec
immobilisation coude au corps. Quelque soit l'appareillage, le délai
d'immobilisation pour les auteurs varie de 30 à 45 jours. [2.a]
Le matériel
Pour réaliser un brochage percutané externe, il est préférable de
disposer d'un amplificateur de brillance. Peu de matériels est nécessaire. Les
broches de Kirschner sont de diamètre 15 ou 18/10. Celles-ci seront mises au
moteur ou à l'aide d'une poignée américaine.
L'installation
Le patient est installé en décubitus dorsal, le bras opéré reposant
sur une table à bras. Il faut prendre garde de pouvoir facilement réaliser un
contrôle scopique et, au besoin, déporter l'enfant au bord de la table si ce
contrôle est difficile.
La manœuvre de réduction
Elle est simple mais essentielle. Elle requiert une technique
rigoureuse car c'est elle qui va conditionner le résultat.
Dans un premier temps, il faut exercer une traction dans l'axe du membre de façon
continue et progressive à l'aide d'une main empaumant l'avant-bras. Le but est
d'abaisser le fragment épiphysaire inférieur sans rompre les attaches
périostées qui vont être un élément de stabilité une fois la réduction osseuse
obtenue. Un premier contrôle de face permet de vérifier la réduction. Il ne
faut surtout pas chercher à poursuivre les manœuvres tant qu'une réduction
satisfaisante de face n'est pas obtenue.
Une fois que le fragment distal est descendu et que les corticales sont
accrochées, l'autre main se place au niveau du coude, le pouce placé sur
l'olécrane qui aura comme action de pousser ce dernier vers l'avant. Une
flexion forcée du coude est alors réalisée et est maintenue par l'aide ou par
un brassard d'infirmière en caoutchouc. Un contrôle scopique de profil permet
alors de vérifier la qualité de la réduction. En cas d'imperfection, notamment
de trouble de rotation, il faut recommencer la manœuvre de réduction avant
d'aller plus loin. Il faudra prendre garde à ne pas déplacer la réduction lors
de ce contrôle notamment si celui-ci est effectué en bougeant le coude de
l'enfant. C'est la raison pour laquelle il est préférable de réaliser celui-ci
en rotation externe ou encore mieux en manœuvrant l'amplificateur de brillance
et non le bras de l'enfant.
Le brochage
Seul le coude maintenu hyper-fléchi est badigeonné et installé dans
un champ d'extrémité supérieure, l'aide tenant le bras de l'enfant pour éviter
tout déplacement de la réduction. Sous contrôle scopique, 2 broches sont mises
en place au niveau du condyle externe, la première est placée juste en dehors
de l'olécrane et la deuxième en dehors de la première.
Les broches doivent avoir une direction oblique en haut et en dedans pour se
ficher dans la corticale interne de l'humérus. Il faudra à ce moment prendre
garde à ne pas avoir une direction trop antérieure pour ne pas risquer
d'embrocher l'artère humérale. La direction des broches pourra être divergente
ou parallèle.

Fig. 4 : Brochage divergeant

Fig. 5 : brochage parallèle
Un contrôle scopique ou mieux un contrôle radiographique permet de vérifier la qualité de la réduction ainsi que la bonne longueur des broches. Celles-ci sont ensuite courbées puis coupées, et l'immobilisation est réalisée en salle d'opération.
Les suites opératoires
Comme pour le traitement orthopédique, l'immobilisation pourra être
soit un plâtre thoraco-brachial soit un BABP avec immobilisation coude au
corps. La durée d'immobilisation sera de 6 semaines. A 45 jours, le plâtre sera
enlevé ainsi que les broches. Aucune rééducation n'est en général nécessaire.
Complications
possibles
Les complications de cette
technique sont rares. Il s'agit principalement de problème d'infection locale
sur les broches. Cette complication iatrogène est toujours à craindre dès lors
qu'une synthèse est effectuée. Elle est favorisée par une réalisation technique
non rigoureuse. Elles sont rarement graves et restent des infections
superficielles dans la plupart des cas. Ces complications sont en général
mineures et se règlent dans la plupart des cas par des soins locaux. Cependant,
l'ostéite ou l'ostéoarthrite est toujours possible hypothéquant souvent le
résultat final. Une attention toute particulière est donc portée à toute
infection superficielle. L'ablation des broches règle souvent le problème, mais
celle-ci doit rester compatible avec la stabilisation de la fracture. En cas
d'infection profonde avérée, une antibiothérapie intraveineuse est nécessaire
et parfois un nettoyage chirurgical. [2.a]
Le brochage per-cutané en croix est une technique d'ostéosynthèse dérivée du brochage latéral de Judet qui était initialement décrit avec une seule broche [23]. Elle n'en diffère que par l'utilisation d'une seconde broche, médiale, introduite dans l'épitrochlée, destinée à renforcer la stabilité du montage. S 'il est en effet indiscutable que le brochage en croix est l'ostéosynthèse la plus stable, d'ailleurs couramment utilisée après abord et réduction à ciel ouvert, le problème de son application percutanée est celui du risque de blessure du nerf ulnaire par la broche médiale. Cette technique est fréquemment utilisée par certains, notamment en Amérique du Nord, alors qu'elle est évitée par d'autres, notamment en Europe et particulièrement en France.
Description de la technique :
Les indications sont les fractures supra-condyliennes en extension, déplacées,
ne pouvant bénéficier d'une immobilisation purement orthopédique.
La réduction est obtenue par manœuvres externes sous contrôle radioscopique et
maintenue provisoirement en hyperflexion à l'aide d'un garrot élastique. La
première broche, généralement de diamètre 15 à 20 dixièmes, est introduite par
voie latérale dans le condyle. Ces premiers temps sont exactement ceux de la
technique de Judet.
La seconde broche, de même calibre, est introduite par l'épitrochlée (ou
épicondyle médiale), à la main, à l'aide d'une poignée dite américaine. La
palpation très précise de l'épitrochlée, et le plus souvent du nerf ulnaire lui-même,
est possible et indispensable avant l'introduction de la broche. On doit pour
cela chasser progressivement l'œdème avec la pulpe du pouce jusqu'à la
perception du relief du bord postérieur de l'épitrochlée et du nerf. La broche
est alors enfoncée dans la peau juste en avant du pouce de l'opérateur et doit
rencontrer l'os épitrochléen immédiatement après la traversée cutanée. Elle est
orientée dans le même plan sagittal que la broche latérale, perpendiculairement
à celle-ci dans le plan frontal de manière à la croiser au-dessus du foyer de
fracture. Sa pointe pénètre la corticale métaphysaire latérale.


Fig. 6 : Radiographies post-opératoires de face et de profil après brochage percutané en croix
L'immobilisation postopératoire peut être assurée par une attelle postérieure brachio-palmaire associée à un bandage coude au corps. [2.b]
Décrite par Blount en 1954, cette méthode de réduction et de
contention des fractures supra-condyliennes du coude a été longtemps récusée et
accusée d'entraîner des syndromes de loges au niveau de l'avant bras.
Principe :
Son principe réside dans l'utilisation de la continuité du périoste
postéro-externe de la palette humérale fracturée comme moyen de stabilisation
une fois la fracture réduite. Cette stabilisation est obtenue en mettant le
coude à 100° de flexion.

Fig. 7 : Schéma du principe de la technique de Blount

Fig. 8 : Photo d’une enfant avec l’appareillage.
Technique de réalisation de l’immobilisation :
- Réalisation d'un gantelet plâtré dans lequel on inclue sur le bord radial
un système d'amarrage (la technique originelle utilisait un jersey autour du
poignet mais l'existence d'escarres par striction fait actuellement préférer la
réalisation du gantelet).
- Confection d'un collier cervical avec un jersey rembourré, celui-ci devant
être le plus serré possible.
- Solidarisation des deux systèmes par un jersey étroit. Le coude doit se
trouver fléchi à 100°, la main posée à plat sur la face antérieure de l'épaule
controlatérale.
En pratique :
Devant une fracture déplacée : réduire sous anesthésie générale, tester la
stabilité coude fléchi à 90°, vérifier la bonne vascularisation de la main
quand le coude est fléchi, réaliser l'immobilisation.
Devant une fracture non déplacée commencer par la réalisation du gantelet, puis
du collier enfin de solidariser les deux en fléchissant progressivement le
coude. Si cette manœuvre est trop douloureuse, faire revenir l'enfant deux à
trois jours plus tard pour augmenter la flexion du coude.
Il faut toujours penser à expliquer aux parents le principe de cette méthode et
que l'enfant porteur d'une fracture du coude aura un plâtre au niveau du
poignet !
Indications :
Elles sont très précises et leur respect reste le garant d'un bon résultat
et de l'absence de complications.
Cette méthode s'applique exclusivement :
- aux fractures en extension qui sont stables après réduction, c'est à dire
essentiellement les stades I, II, et parfois III.

Fig. 9 : Radiographie du coude avant Blount pour une fracture stade II

Fig. 10 : Radiographie du coude à la consolidation.
- aux fractures sans complication vasculo-nerveuse initiale.
- aux fractures vues précocement et donc sans augmentation importante de volume
du coude.
Cette méthode n'est appliquée que
- si l'enfant peut être surveillé au moins 24 à 48 heures
- si la famille et l'enfant sont coopérants.
Contre-indications :
Elles découlent des indications :
- Fractures en flexion
- Fractures stade IV et certaines stade III
- Fractures vues tardivement ou avec un coude très augmenté de volume
- Fractures présentant d'emblée des complications vasculo-nerveuses
- Enfant ne pouvant être surveillé pendant les 48 premières heures.
Les complications :
Le respect strict de toutes ces consignes évite les dangers réels de cette
méthode qui sont essentiellement :
- Les compressions vasculo-nerveuses avec syndrome de loge,
- Le démontage du système par la famille ou l'enfant mais aussi par le
manipulateur radio qui veut faire des bons clichés orthogonaux tout cela
aboutissant au déplacement de la fracture
- Les déplacement secondaires alors que les contrôles au bloc opératoire
étaient satisfaisants se rencontre quand la fracture initiale était instable.
Les complications sont très rares si les indications sont bien respectées.
Cette méthode est parfaitement tolérée par l'enfant et sa famille si des
explications claires et précises sont données. [2.c]
L'embrochage descendant est une technique originale mise au point par l'équipe
Nancéenne [25] qui consiste après réduction de la fracture supra-condylienne
par manœuvre externe à la stabiliser par deux broches humérales descendues de
façon divergente dans la palette humérale.
Technique :
Pour cet embrochage, on utilise deux broches de Kirschner épointées dont le
cintrage est d'autant plus marqué que l'enfant est plus âgé.
L'enfant est installé en décubitus dorsal et le membre supérieur est placé en
abduction sur une table à bras. Tout le membre supérieur doit être pris dans le
champ opératoire et on doit vérifier que l'amplificateur de brillance donne des
vues parfaites de face et de profil du coude ainsi que de l'extrémité
supérieure de l'humérus .Il faut mieux tourner l'amplificateur pour avoir les
deux incidences plutôt que de tourner le coude. P. Lascombes [26] et son équipe
de Nancy utilisent deux amplificateurs de brillance, ce qui évite de tourner le
coude ou l'amplificateur.
La mise en place des broches se fait par une incision d'un demi-centimètre
juste en dessous du V deltoïdien par deux trous superposés à la face externe de
l'humérus. La broche externe est introduite par le trou inférieur et descendue
jusque dans la colonne externe. La broche interne est introduite par le trou
supérieur et descendue dans la colonne interne de la palette .La mise en place
des broches dans chacune des colonnes latérale et médiale de l'humérus
représente la première difficulté de cette technique. La bonne stabilité du
montage dépend en effet de la bonne position de ces broches. Lorsque les
broches sont au raz du foyer de fracture, celle ci est réduite parfaitement par
manœuvre externe et la bonne réduction est alors vérifiée à l'amplificateur de
brillance de face et de profil .La deuxième difficulté réside dans l'obtention
d'une réduction parfaite et dans son maintien pendant le contrôle scopique. Une
fois ceci acquis, l'aide fait descendre les broches dans les colonnes médiale
et latérale sur quelques millimètres .Un nouveau contrôle scopique est réalisé puis
le béquillage des broches est orienté vers l'avant pour épouser l'antéflexion
de la palette humérale. Les broches sont ensuite descendues et fichées dans le
spongieux épiphysaire. La partie proximale des broches est recourbée,
sectionnée et enfouie sous la peau.
Soins post-opératoires :
Il n'y a pas d'immobilisation complémentaire. Le membre supérieur est mis dans
une écharpe quelques jours jusqu'à sédation des phénomènes douloureux, puis
l'enfant est autorisé à mobiliser son coude. La rééducation est bien entendue
proscrite. La consolidation est obtenue dans les délais habituels et les
broches sont enlevées au troisième mois. [2.d]
L'abord chirurgical, qui ne vit que des échecs des autres méthodes, n'enraidit
pas le coude contrairement à ce qui a longtemps été affirmé [23]. Il se conclut
le plus souvent par une ostéosynthèse par 2 broches en croix, une dans chaque
colonne, se croisant au-dessus du foyer de fracture.
Les motivations pour aborder chirurgicalement le coude peuvent être de
plusieurs ordres :
- impossibilité de réduire, généralement liée à une interposition de parties
molles (périoste, muscle, élément vasculo-nerveux). Il importe alors d'analyser
la difficulté pour prévoir la localisation précise de l'incarcération,
- impossibilité de maintenir la réduction en hyperflexion, généralement en
rapport avec une comminution d'une ou des deux colonnes ou une rupture
circonférentielle du périoste,
- stabilité insuffisante après brochage latéral, nécessitant un brochage médial
et pouvant inciter à s'orienter vers un abord afin d'éviter le risque de lésion
du nerf ulnaire lié à la mise en place percutanée d'une broche médiale.
Le problème est celui du choix de la voie d'abord. Plusieurs voies sont
possibles et aucune ne permet à elle seule de résoudre l'ensemble des
difficultés.
La voie postérieure, ne nécessite pratiquement jamais de sectionner ou de
désinsérer le triceps qui peut facilement être déplacé d'un côté et de l'autre.
Elle permet de bien contrôler les deux colonnes et de protéger le nerf ulnaire
mais elle n'autorise aucun contrôle du paquet vasculo-nerveux antérieur et le
réglage sagittal est difficile, nécessitant un contrôle radioscopique.
La voie médiane, ou antéro-médiane, permet un bon contrôle ulnaire et
vasculo-nerveux antérieur, elle a un avantage cosmétique mais ne permet pas de
visualiser la colonne latérale.
La voie combinée médiale et latérale n'a pas d'avantage et fait regretter une
voie postérieure.
La voie antérieure pure, récemment décrite, n'a pas d'avantage démontré [24].
Les indications doivent donc être posées en fonction du type de problème à
résoudre.
Lorsque le problème est lié à une comminution des deux colonnes, sans
arrière-pensée d'incarcération antérieure, la voie idéale est la voie
postérieure.
Lorsque la difficulté est une impossibilité de stabiliser le coude en flexion à
cause d'une rupture périostée circonférentielle, la voie médiale est indiquée.
Lorsqu'un brochage latéral est insuffisamment stable, une voie médiale est
suffisante mais peut être évitée par un brochage en croix per-cutané si on en
maîtrise la technique.
Lorsqu'une incarcération antérieure est suspectée, notamment d'origine vasculo-nerveuse,
la voie médiale est impérative.
En conclusion, le choix de la voie d'abord doit être adapté à une analyse au
cas par cas de la difficulté, intégrant les éléments cliniques, radiographiques
et radioscopiques.
Si la voie médiale reste la plus classique et la plus fréquemment utilisée, il
faut savoir choisir une voie postérieure plutôt que de risquer d'avoir à faire
une double voie. [2.e]
Dans les formes déplacées de fractures
supra-condyliennes du coude de l'enfant, la recherche préopératoire de
complications est toujours possible. Le concept de l'enfant inexaminable car
douloureux n'est pas acceptable. Une fracture supra-condylienne traitée tôt est
plus facile à réduire du fait de l'hématome considérable qui se développe dans les
formes déplacées et qui fait disparaître le relief du coude. L'attente peut
entraîner l'apparition de parésies qui n'existaient pas au premier examen,
voire d'un syndrome de Loge. La surveillance post-opératoire est essentielle..
Il faut retenir qu'il faut avant tout savoir réduire une fracture
supracondylienne orthopédiquement, connaître les critères de réduction et
savoir respecter les contre-indications des différentes méthodes
thérapeutiques.
Si les conditions le permettent, il faut privilégier une réduction orthopédique
chez un enfant et une méthode de contention stable et sûre, n'entraînant pas de
complication iatrogène. Il faut choisir la méthode thérapeutique que l'on sait
faire et qui sera compatible avec le retour de l'enfant dans sa famille. La
réduction chirurgicale est nécessaire dans certains cas de complications et en
cas d'irréductibilité, elle doit rester rare. Les méthodes de traction
suspension par broches transcubitales dont nous n'avons pas parlées peuvent
être des techniques de sauvetage ou d'attente. Il faut savoir y penser. Pour
les chirurgiens pédiatres, la traumatologie du coude de l'enfant est une
contre-indication formelle à la rééducation du fait de risques d'ostéomes du
brachial antérieur favorisées notamment par la rééducation passive et les
massages.
Même si une fracture supra-condylienne très déplacée voire compliquée est
grave, une bonne prise en charge doit conduire à un bon résultat. [2]
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